Michael Seksik est Expert près la cour d’appel de Paris, Membre et administrateur à la CNE (Compagnie Nationale des Experts), Membre du SLAM (Syndicat de la librairie ancienne et moderne). La Librairie Michael Seksik estspécialisée dans les Arts Graphiques, affiches années 60, illustrations contemporaines et sérigraphies.
Librairie Michael Seksik 16 Rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris
Pour sa treizième édition de février 2023, le salon BiblioMania met à l’honneur « Les Agapes »
Les plaisirs du bien boire et du bien manger
L’Art de la table a toujours occupé une place prépondérante dans notre culture.
Quelques soient nos origines, nos nationalités, nos appartenances ethniques, le partage du repas fait partie de notre patrimoine socio-culturel. C’est un acte accueillant ou mortel selon les cas, mais le plus souvent convivial, familial voire festif. Il peut être aussi hautement religieux.
La gastronomie c’est l’ensemble des règles qui fluctue selon le pays, les classes sociales et la mode qui définissent l’art de « faire bonne chère ».
Faire bonne chère signifiait faire bon accueil. Au XIXe siècle il est utilisé dans le sens de faire un bon repas.
Nous avons tous compris que la gastronomie c’est d’abord une question d’ordre que nous devons beaucoup à Ziryab (789-857), homme de lettre kurdo-perse, qui a influencé l’art de vivre en Andalousie, c’est lui qui aurait établi les règles du service des mets au cours d’un repas. Entrée, plat principal, dessert. Il remplaça le gobelet d’or ou d’argent par le verre à pied tel que nous le connaissons et il rétablit la tradition du banquet. Il a importé des recettes et une façon faire de l’Orient.
Le terme « gastronomie » apparait pour la première fois dans le titre d’un poème de Joseph Berchoux Gastronomie ou l’homme des champs à table (1801).
Quant au terme gastronome il est devenu d’un usage courant depuis Physiologie du goût ou méditations de gastronomie transcendante de Brillat Savarin (1825). Son précepte le plus connu est « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es ».
Avant d’aller plus loin nous devons saluer l’invention de la casserole, la pièce maîtresse du cuisinier, qui nous a permis de s’affranchir de la viande à la broche et de la viande bouillie en marmite. C’est grâce à cet ustensile que les repas des plus somptueux ont été concoctés pour le plaisir des Verrès, des Lucullus, des Néron, des Vitellius, des Domatien, des Apicius, dont le point commun était leur grande gourmandise.
Si nous faisons l’histoire de l’épopée culinaire française, on commencerait par Taillevent (1310-1395), chef cuisinier de Charles V. Il intègre des aliments révolutionnaires dans la cuisine comme les légumes et les épices rapportés du Nouveau Monde. Avec son ouvrage Le Vivandier, il est le premier écrivain culinaire.
En 1533, provenant d’Italie, la fourchette à deux dents, les assiettes individuelles en faïence et les verres en verre de Murano font leur apparition dans la cours de Catherine de Médicis et de Henri II. La cuisine devient un art de vivre. François Vatel (1631-1671), maître d’hôtel et cuisinier hors-pair est lié à la gastronomie française. Choisi par Louis XIV pour organiser un festin pour 3000 convives, il se suicide craignant de ne pouvoir satisfaire les exigences du souverain.
Au XVIe siècle la littérature gastronomique se développe avec Brillat- Savarin (1755-1826), Charles Durand (1766-1854) Le Cuisinier Durand et Alexandre Dumas (1802-1870) avec son « Grand Dictionnaire de Cuisine ».
A la révolution, on voit apparaitre les premiers critique gastronomique tel que Grimaud de La Reynière (1758-1837) avec son tout premier guide Almanach des Gourmands. A la même époque, un chèf se distingue pour ses pièces montées à l’architecture extraordinaire c’est Antonin Carême (1784-1833).
A BiblioMania, nous avons pléthore d’ouvrages sur ce sujet à faire frissonner les plus délicats.Cuisine et épicurisme sont l’art gastronomique du XXe siècle. Ce thème sera décliné sur les stands du salon, à travers une multitude de documents anciens.
Erica CEBE
INFOS PRATIQUES
NOM BiblioMania DATES 10 au 12 février 2023 LIEU Réfectoire des Cordeliers 15 rue de l’Ecole de Médecine 75006 Paris . Quartier de l’Odéon HORAIRES 11h – 19h tous les jours sauf le Dimanche 12 février fermeture à 18h EXPOSANTS Environ 40 libraires professionnels, réunis sur 600 m2 d’un lieu unique au cœur du quartier latin. Le Réfectoire des Cordeliers est le dernier vestige de l’ancien couvent qui abritait les moines franciscains. Cette confrérie apparue au 13ème siècle, les frères mineurs de Saint-François sont aussi appelés les Cordeliers. Ces disciples franciscains sont surnommés ainsi car ils portaient une large corde pour tenir leur robe. Les Cordeliers bâtirent un couvent, deux cloîtres un réfectoire, une église ainsi que plusieurs jardins. Cet ensemble fut un des plus importants centres religieux, intellectuels et politiques de Paris entre le XIVème siècle et le XVIIème siècle. Le lieu est un écrin idéal pour déballer des livres, des manuscrits, des archives et guider le visiteur sur les traces du passé. ENTRÉE Gratuite ACCÈS Métro Ligne 4 – 10 : Odéon – St Michel Bus 21 – 27 – 38 – 63 – 86 – 94 RER B : St Michel Notre Dame Parking saemes 21 rue Ecole de Médecine75006 Paris
Pour sa onzième édition de février 2022, le salon BiblioMania met à l’honneur le thème sur les Amants célèbres, à l’occasion de la St Valentin. Le public pourra découvrir, chiner, s’extasier, s’épancher avec de doux souvenirs romantiques.
Heureux les amants séparés. Et qui ne savent pas encore qu’ils vont se retrouver demain.
Jacques Brel
Les illustrations iconiques de la St Valentin ne manquent pas : les amoureux ” de Raymond Peynet (1930) on les retrouve en dessins, sur différents supports, foulards, pochettes de disques, petites boites en forme de cœur…« le baiser de l’hôtel de ville ou les amoureux de l’hôtel de ville » célèbre photo de Robert Doisneau (1950), repris en couverture du livre de Philippe Delerm.
Dans la BD et planches originales « Pierrot et Colombine » issus de la commedia dell’arte, La vie naïve d’Adam et Eve illustré par Jean Effel …
Au cinéma, on trouve de nombreuses affiches de cinéma américain et français Humphrey Bogart et Lauren Bacall dans Le Grand Sommeil, Charlie Chaplin et Paulette Goddard, Serge Gainsbourg et Jane Birkin dans Slogan(1969), Pierre Fresnais et Yvonne Printemps, Godard et Anna Karina, Yves Montant et Simone Signoret, Romy Schneider et Alain Delon. Garance et Baptiste Debureau dans Les Enfants du Paradis de Carné avec Arletty et Jean-louis Barrault. Henri-Georges Clouzot et Suzy Delair, Jean-louis Barrault et Madeleine Renaud, Sophia Loren et Karol Ponti.
Lethéâtre avec Sacha Guitry et Lana Marconi, Jean Dessailly et Simone Valère…
Du coté des vinyles on retrouve des couples radiophoniques, très en vogue dans les années 50 comme le duo Raymond Souplex et Jeanne Sourza dans leur rôle de « Carmen et la Hurlette » dans l’émission radio ” Sur le banc “, autre couple connu, Bourvil et Jacqueline Maillan dans leur pastiche “je t’aime moi non plus“.
L’opéra ou le manuscrit médiéval ont aussi leurs amoureux avec Tristan et Isolde de Wagner, Orphée et Eurydice…
Et bien d’autres documents sonores, la lettre du Petit Prince à la belle inconnue, de Roméo et Juliette, Fanny et Marius…
Le ballet et ses couples de danseurs russes la Pavlova et Nijinski, voire la revue (Le Théâtre, édition 1909), en photo noir et blanc, Ludmila Tchérina et Edmond Audran.
Dans la littérature, « Paul et Virginie » de Bernardin de St Pierre, écrit en 1788, Colette et Willy, Sartre et Simone de Beauvoir, Aragon et Elsa Triolet, George Sand et Alfred de Musset dans les amoureux de Venise, Arthur Miller et Marilyn Monroe, Jean Marais et Cocteau, (le roman de la Belle et la Bête), ” le couple maudit “, Rimbaud et Verlaine…
Les égéries comme Kiki avec Man Ray, ou Gala Eluard avec Salvador Dali…
Les autographes et les lettres sont eux aussi le témoignage de ces cœurs qui battent plus vite que la normale Aragon et Elsa Triolet sur le menu de la Coupole), on se rappelle de la destinée hors du commun de Napoléon III et de la Comtesse Eugénie de Montijo, de Sissi Impératrice d’Autriche et de François Joseph d’Autriche, de Yvette Labrousse, Miss France 1930 et de l’Agan Khan III D’Egypte, le Duc et la Duchesse d’Alençon, de Grâce Kelly et du Prince Rainier II de Monaco…
Et dans la légende « Jules César et Cléopâtre ».
La série noire et les célèbres criminels américains Bonnie Parker et Clyde Barrow. La politique a ses amants avec le couple Lucie et Raymond Aubrac, héros de la résistance, Hitler et Eva Braun, Elisabeth et Robert Badinter…
Pour sa dixième édition d’octobre 2021, le salon BiblioMania met à l’honneur le Matriarcat.
Chaque femme contient un secret : un accent, un geste, un silence. Antoine de Saint Exupéry
Du latin mater, « la mère », le Matriarcat est un modèle social dans lequel la femme possède un rôle décisionnel prépondérant, il désigne également un régime juridique ou social au sein duquel la parenté se transmet par les femmes, par exemple la filiation maternelle.
Thème qui relève du mythe antique avec les Amazones, ces femmes guerrières qui peuplent nos rêves éveillés.
Au delà du mythe, nous allons nous attacher aux femmes qui ont contribué à écrire l’histoire.
Dès le Moyen-âge, Héloïse s’affirme comme une femme libérale. Marie de France, femme de lettre et écrivain compose des Lais, des Fables et l’Espurgatoire seint Patriz (Le Purgatoire de saint Patrick, (vers 1170-1189). Deux cents ans plus tard c’est Christine de Pizan qui nous livre La Vision de Christin, « composé à l’âge de la maturité » en 1405. Elles sont les exemples les plus marquants de femmes auteurs à part entière, soucieuses de léguer à la postérité leurs écrits.
Plus tard et bien avant « Les Femmes des années 80 », certaines femmes n’ont pas hésité à porter la culotte pour arriver à leurs fins.
Femme marin : Hannah Snell est née en 1723 à Worcester en Angleterre, elle a continué sous l’identité de James Gray pour rejoindre la Marine, on l’appelle The Female Soldier.
Femme médecin : Margaret Ann Bulkley, connue sous le nom de James Barry, elle s’est fait passer pour un homme pour entrer à l’école de médecine. Margaret rêvait de devenir chirurgienne, ce qui était impensable dans les années 1800.
Femme écrivain : Amantine Aurore Lucile Dupin est née à Paris le 1er juillet 1804. Elle écrit des romans sous le pseudonyme de George Sand et s’habille en homme.
Femme soldat : Sarah Malinda Pritchard est née aux États-Unis, en Caroline du Nord en 1839. Elle se fait passer pour un homme pour accompagner son mari à la guerre civile américaine, car elle voulait se battre pour ne pas être séparée de son bien-aimé. Elle s’enrôlera sous le nom de Samuel Blalock. 1901 : Premier mariage lesbien. Elisa Sánchez Loriga doit se faire passer pour un homme pour pouvoir épouser sa compagne, Marcela Gracia Ibeas à l’église. Elisa se fera appeler Mario.
Femme jazzwoman : Dorothy Lucille Tipton est née aux U.S.A. en Oklahoma en 1914. Depuis sa plus tendre enfance, elle rêvait de jouer du jazz, à 19 ans, elle est devenue Billy Tipton. À son époque, seuls les hommes triomphaient en jouant du jazz.
Femme pilote : Amelia Earhart, née au Kansas, elle est la femme pilote la plus célèbre de l’histoire de l’aviation, elle sera la première femme à avoir traversé l’Atlantique en solo en 1939.
Femme cascadeuse : Phoebe Fairgrave Omlie étudie à la Madison School and Mechanic Arts High School où elle obtient son diplôme en 1920. Elle n’a pas 20 ans, qu’elle commence à faire de l’acrobatie aérienne, comme sortir en vol du cockpit ou sauter en parachute. Elle établit d’ailleurs le record de saut en parachute pour une femme avec un saut à 4 600 mètres, ce qui lui vaut d’être embauchée sur la série américaine « The Perils of Pauline » en tant que cascadeuse aérienne.
Femme banquière : Marthe Hanau a marqué le milieu de la finance des années folles à Paris, elle devient PDG et directrice de journal en 1925. En quelques années, elle se hisse au plus haut rang des affaires et des intrigues politiques et amoureuses.
Femme cosmonaute : Valentina Tereshkova est la première femme à être envoyée dans l’espace le 16 juin 1963 à bord de Vostok 6.
Après autant de talents, ces premières aventurières ont largement mérité leurs places d’honneur dans l’aventure humaine.
Pour sa neuvième édition de juin 2021, le salon BiblioMania met à l’honneur l’ÉTÉ, la saison de tous les possibles. Pour fêter le retour du beau temps et laisser derrière soi le confinement et la grisaille de la Covid…La fête du livre et du papier anciens prendra tout son sens au solstice d’été.
Lumière profuse ; splendeur. L’été s’impose et contraint toute âme au bonheur
André Gide (1869 – 1951)
L’été, sujet intemporel dans l’histoire de l’art constitue un thème qui ne cesse d’inspirer les artistes du monde entier. L’été est synonyme de température agréable, de légèreté de vivre, d’oisiveté, de rêverie ou de découvertes. Que ce soit de façon allégorique, pragmatique, idéaliste, réaliste, fantasmagorique ou encore érotique, l’été est présent dans la littérature et l’iconographie depuis l’Antiquité.
Dans l’art antique, les saisons sont personnifiées, la déesse Demeter représente l’été chez les Grecs.
Au Moyen-Age, dans le Livre d’Heures, le mois de juin est dépeint par la fenaison et le Palais des Rois de France. Les Très Riches Heures du Duc de Berry est un ouvrage iconique dans la culture médiévale française.
On doit à la Renaissance les œuvres les plus emblématiques sur le sujet avec Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) pour le sud de l’Europe et Pieter Bruegel, (1525-1559) pour le nord.
Au 18è Siècle, Antonio Vivaldi célèbre les 4 saisons dans un concerto magistral.
Un siècle plus tard l’été joue un rôle crucial dans la fondation du mouvement impressionniste. La démocratisation des plaisirs de plein air, le goût de la campagne, des bords de mer ou de la montagne suscitent une production littéraire et picturale abondante sur la saison estivale.
En un mot, l’art est à la quête des couleurs et de la lumière, il puise son inspiration dans le paysage onirique de notre cher été.
Et du bonheur il y en aura à travers une multitude de documents aussi variés que différents, écrits, imprimés, dessinés, peints ou gravés, de la première édition à nos jours : Livres anciens et d’occasion – manuscrits – estampes – gravures – presse et magazines – bandes dessinées – cartes postales et chromos actions et obligations – affiches publicitaires, de collection et de cinéma – objets cartonnés, décoratifs et de collection – Dessins – peinture – photographies – disques…